Le PTB pour un décumul total, le NVA et l’Open VLD pour le status quo

Le PTB soutient l’appel des groupements citoyens Cumuleo et Transparencia pour plus de transparence et contre la politique des profiteurs. La communautarisation de ce débat, qu’amènent la N-VA et l’Open VLD est, pour le parti de gauche, un faux débat. Cette semaine, le parlement bruxellois vote le décumul pour les parlementaires et les mandataires locaux dans les communes.

 

La question d’un décumul des mandats politiques a surgi dans la foulée des nombreux scandales, tels que Publifin et Samusocial. Grâce à la demande persistante des groupements citoyens Cumuleo et Transparencia pour plus de transparence, une proposition de décumul total est aujourd’hui sur la table du Parlement bruxellois. (voir photo en annexe). Celle-ci veut établir que les fonctions de bourgmestre, échevin ou président de CPAS ne peuvent plus être combinées avec celle de parlementaire. Le PVDA n’hésite pas à pointer du doigt les partis de la majorité flamande et la N-VA. Selon le président de la fraction PTB au Parlement bruxellois, Michaël Verbauwhede, la N-VA veut se faire passer pour le parti qui s’engage pour une nouvelle culture politique, mais ne l’est pas du tout. « Dans le discours de Nouvel An de la N-VA Bruxelles, on peut lire que Bruxelles est une ville-région où le clientélisme, la politique d’antichambres et les petits arrangements entre amis font partie intégrante de la culture politique. Une Région caractérisée par un manque de transparence. Et, aujourd’hui, ce même parti veut maintenir les jetons de présence du Samusocial et rejette la proposition de décumul », réagit Verbauwhede. « On s’attendait à ce que l’Open VLD et le CD&V votent contre, ce sont typiquement des partis de l’establishment. La N-VA, au contraire, aime se faire passer pour un parti anti-establishment, mais montre ici très clairement son vrai visage », souligne le porte-parole du PTB. 

Le PTB veut la transparence complète

Le PTB soutient la proposition de décumul. Pour le parti de gauche, le décumul peut même être étendu aux mandats qui sont exercés dans le privé. « Car c’est la seule manière d’empêcher les conflits d’intérêts », continue Verbauwhede. “Le fameux Telenetgate a, par exemple, fait éclater au grand jour le fait que plusieurs élus, dont le Président de la Chambre Sigfried Bracke (NVA), occupaient des fonctions de conseiller auprès de la multinationale Telenet et qu’ils doivent en même temps voter des lois qui seront d’application pour le secteur des télécoms et l’entreprise publique Proximus, le concurrent de Telenet. » poursuit Verbauwhede. « La proposition d’un décumul total est plus que logique et cela pour trois raison », explique le président de la fraction du PTB. « D’une part, les politiciens peuvent compter sur des rémunérations très élevées. Ainsi, un politicien qui cumule peut gagner jusqu’à 186.000 euros bruts avec ses mandats publics. Pour beaucoup, s’ajoute à cela des rémunérations issues de mandats dans le privé. Et dans ce cas, on ne vit plus du tout dans la même réalité que le Bruxellois moyen qui doit se débrouiller avec 1300 euros par mois. », relève Verbauwhede.

La bonne gouvernance est incompatible avec le cumul

“Un second élément est le temps et l’ambition. Les politiciens aiment faire savoir qu’ils travaillent beaucoup et qu’ils peuvent, par conséquent, gagner beaucoup d’argent. Mais comment peut-on combiner une fonction d’échevin dans une commune bruxelloise avec  un siège de parlementaire dans l’hémicycle bruxellois ? Il y a tellement de défis sociaux a niveau local et régional qui demandent des solutions et des élus qui s’investissement à 100%, pas à 50% », s’agace Verbauwhede.  « Enfin, il y la problématique des possibles conflits d’intérêts et du mélange des fonctions législatives et exécutives.  Si un bourgmestre est aussi un membre du Parlement bruxellois, on augmente le risque qu’il fasse primer les intérêts locaux sur les intérêts de tous les Bruxellois. Nous l’avons vu, par exemple, avec la construction des logements sociaux, conclut Verbauwhede. Le PTB défend cependant la possibilité de combiner un travail à temps partiel avec une fonction de représentant du peuple. Mais le PTB se dresse contre le concept de « politiciens professionnels » et est d’avis qu’un parlementaire doit avoir le temps de garder le contact avec la réalité et qu’il ne peut pas rester enfermé dans la tour d’ivoire que sont le parlement et les collèges communaux.


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