Action solidaire du PTB à Facere, centre de jour et d'hébergement pour personnes ayant un handicap moteur

A l’arrivée de la seconde vague du covid-19, la section du PTB Anderlecht a proposé son aide aux différents acteurs de première ligne actifs sur la commune : maison de repos, associations distribuant des colis alimentaires, aide aux personnes sans abri,… Ces acteurs de terrain, déjà fort touchés lors de la première vague, n’ont pas pu compter sur les pouvoirs publics pour leur permettre d’affronter cette deuxième vague…C’est dans ce cadre que le PTB Anderlecht a contacté l’ASBL Facere, un centre de jour et d’hébergement pour personnes présentant un handicap moteur.

Fin octobre, le centre Facere est placé en quarantaine, plusieurs résidents et membres du personnel sont positifs au covid. La situation est dramatique, il n’y a plus que 30% du personnel présent. Le centre n’a pas d’autre solution que de faire appel à l’armée.

En novembre, il n’y a toujours que 60% du personnel présent, les autres se remettant comme ils peuvent de la première vague. Or, le centre Facere ne peut toujours pas compter sur un appui concret des pouvoirs publics et doit se débrouiller seul. Le centre Facere fait un appel sur les réseaux sociaux aux bénévoles ainsi qu’un appel aux dons pour pouvoir acheter du matériel de protection Covid et engager des intérimaires, tellement la situation est grave.

Une dizaine de membres et sympathisants du PTB Anderlecht sont actifs à Facere depuis mi-novembre, travaillant bénévolement plus de 30h par semaine pour la logistique à la cuisine et à la buanderie. Il y a même Martine, tout juste retraitée de l’enseignement en éducation spécialisée depuis septembre, qui aide les équipes d’éducatrices et d’éducateurs.

Rose, qui coordonne les bénévoles du PTB, est impressionnée par l’accueil reçu « ces travailleurs et travailleuses croulent sous la pression et pourtant nous avons vu des sourires et des gens charmants plein de générosité et d’une gentillesse incroyable. Les contacts avec le personnel et les résidents sont enrichissants, nous avons appris à connaître ce secteur totalement délaissé ».

Il ressort de l’enquête récente menée par Unia (1) auprès de 500 personnes en situation de handicap et leurs proches que la crise du coronavirus a eu des impacts importants sur les personnes en situation de handicap. Cette enquête relève que les obstacles à traverser ont été nombreux et ont conduit jusqu'à l'isolement : report des soins médicaux et paramédicaux ou impossibilité de les donner à domicile, fermeture de commerces considérés comme non essentiels comme les bandagistes ou les prothésistes, plus de possibilité de faire appel à une aide ménagère ou aide familiale, service de transport adapté suspendu,...

Michel, un autre bénévole, souligne que cette situation n’est pas acceptable :« cette expérience de bénévolat nous a montré à quel point ces personnes ont pu souffrir de cette crise. Notre aide à Facere a été plus que bienvenue et nous en sommes déjà remercié plus d’une fois mais est-ce normal d’en arriver là ? La qualité des soins doit pouvoir être garantie sans bénévoles ! ».

Rose poursuit : « je ne comprends pas où est parti l’âme sociale de ce pays, comment peut-on perdre tant de temps à former un gouvernement quand il y a de pareilles urgences sur le terrain ? ».

Le front commun syndical estime que 100 millions sont nécessaires annuellement, dès maintenant, alors que le gouvernement bruxellois n’entend débloquer que 7,5 millions d’euros en 2021. Le PTB soutient les revendications du secteur non marchand :

  • une revalorisation salariale ;
  • un financement structurel de l’emploi dans tous les secteurs non-marchand, notamment pour engager du personnel supplémentaire ;
  • une réduction du temps de travail par 6 jours de congé complémentaires avec embauches compensatoires ;
  • le remboursement à 100% des frais de transport en commun ;
  • normer tous les métiers avec priorité aux secteurs d’hébergement et amélioration de ces normes de personnel et contingents ;
  • l’amélioration des fins de carrières :
  • généralisation du plan tandem
  • reconnaissance des professions dans les métiers lourds
  • l’amélioration de la conciliation vie familiale/vie professionnelle notamment en transformant les CDD en CDI et en stabilisant les horaires, vers des horaires cycliques, au moins dans les secteurs d’hébergement

Le secteur du handicap subit les années de politique d'austérité et est confronté à une régression globale : diminution ou retrait pur et simple des financements. Cela se répercute sur le fonctionnement des centres, tant pour les résidents que pour les travailleurs. Leurs conditions de travail se dégradent, les emplois deviennent de plus en plus précaires,...

Le PTB regrette cette situation de pénurie structurelle. Les personnes porteuses de handicap sont trop souvent une priorité secondaire pour nos gouvernements. Le PTB exige une solution structurelle et un financement à la hauteur des besoins de ce secteur.

 

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