Chaos de mobilité à Saint-Gilles : des déclarations contradictoires révèlent un manque de concertation et d’anticipation de travaux
La cheffe de groupe du PTB au Parlement bruxellois, Françoise De Smedt, dénonce fermement le manque de concertation et la communication défaillante de la direction de la STIB et de la ministre de la mobilité autour des nombreux chantiers simultanés de transports publics à Saint-Gilles. La députée de gauche demande un renforcement de l’offre de transport alternatives, une meilleure écoute des usagers et davantage de communication de la part de la direction de la STIB et du gouvernement bruxellois.
La situation sur le terrain est sans appel : plusieurs lignes de tram (51, 81, 97 et désormais aussi les lignes 4 et 10) sont suspendues, des lignes de bus sont déviées et les habitants font face à un chaos de mobilité sans précédent. Pour de nombreux usagers, travailleurs, familles, personnes âgées ou à mobilité réduite se déplacer devient un véritable parcours du combattant.
Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, ce sont les déclarations contradictoires qui circulent. Selon la ministre Elke Van den Brandt (Groen), la communication avec la commune aurait été correcte. Pourtant, l’échevine de la Mobilité de Saint-Gilles, Catherine Morenville, affirme le contraire et indique que la commune n’a pas été informée des décisions importantes, comme la suspension des trams 4 et 10.
« Quand des responsables politiques d’une même famille se contredisent publiquement, cela montre qu’il y a un sérieux problème », déclare Françoise De Smedt. « Cela confirme surtout ce que les habitants dénoncent depuis des semaines : un manque criant de concertation, et de prise en compte des besoins. Comment vont faire les personnes âgées pour se déplacer sans transports près de chez eux ou en devant en changer trois fois au lieu d’une ? »
Il y a les récits politiques contradictoires mais aussi la responsabilité de la direction de la STIB. Pourquoi ne pas avoir informé bien avant la suspension des trams et mieux coordonné tous ces travaux pour éviter la suspension de tous les trams en même temps ? Selon le PTB, l’opérateur refuse le dialogue et la participation des habitants et des associations. « Pourtant, des propositions concrètes existent. Des acteurs comme le GUTIB suggèrent de regrouper les travaux pour éviter des interruptions successives, et d’étudier le maintien partiel du tram 4 entre la Porte de Hal et la Gare du Midi via un ajustement de la signalisation. Ces pistes doivent être débattues sérieusement. »
L’exemple du bus 96 montre d’ailleurs que la participation citoyenne peut faire la différence. « La pression des habitants a contraint les autorités à corriger le tracé pour desservir enfin la montée de la rue Théodore Verhaegen. Bravo aux habitantes et habitants qui ont fait entendre leur voix. Mais il est regrettable que nos institutions n’aient pas anticipé cette situation », souligne Françoise De Smedt.
La cheffe de groupe critique également la campagne d’information jugée insuffisante. « Envoyer des mails aux écoles et distribuer des folders alors que les travaux sont imminents, ce n’est pas une communication digne de ce nom. Les habitants ont droit à une information claire, transparente et surtout anticipée. »
Enfin, l’impact des travaux s’annonce durable : ils devraient s’étendre sur plus d’un an et affecter une grande partie de Saint-Gilles ainsi que de Forest. « Cela risque d’isoler des quartiers du centre-ville, avec des conséquences importantes sur la mobilité, le commerce local et la qualité de vie. Et aujourd’hui déjà, les usagers dénoncent le manque d’alternatives. »
Le PTB appelle les autorités bruxelloises et la STIB à changer de méthode :
- organiser une véritable concertation avec les habitants, associations et communes ;
- lancer des campagnes d’information en amont, claires et transparentes ;
- étudier des scénarios alternatifs pour limiter l’impact des travaux ;
- et renforcer l’offre de transports, notamment via davantage de bus.
« La mobilité touche au quotidien de milliers de Bruxellois », conclut Françoise De Smedt. « Ils méritent mieux que le chaos, le flou et des décisions prises sans eux. »