Loyers socialisés menacés : le PTB s’oppose à une réforme qui ferait augmenter les loyers

Loyers socialisés menacés : le PTB s’oppose à une réforme qui ferait augmenter les loyers

Le gouvernement bruxellois prépare-t-il une augmentation des loyers de milliers de familles modestes ? C'est la question que va poser Françoise De Smedt, cheffe de groupe PTB au Parlement bruxellois, à la secrétaire d'État au Logement, Karine Lalieux (PS). « Selon nos informations, confirmées par le journal Le Vif, la secrétaire d’État s’apprête à réformer le mécanisme de socialisation des loyers en ne basant plus le calcul du loyer socialisé sur les revenus comme dans le logement social mais en utilisant la grille des loyers des AIS. Ce qui ferait augmenter le loyer pour beaucoup de ménages. On parle de plusieurs centaines d’euros en plus selon les ménages. Avec tout ce qui augmente au quotidien c’est à nouveau attaquer le pouvoir d’achat des familles et on ne peut pas l’accepter ».

Françoise De Smedt : « Depuis 2021, la « socialisation des loyers » permet à des locataires de logements communaux, de CPAS ou de la Régie foncière régionale de payer un loyer calculé sur leurs revenus, comme dans le logement social. Concrètement : moins on gagne, moins on paie. La Région comble la différence auprès du propriétaire public. Et le système a fait ses preuves : 2.425 logements étaient socialisés au 1er avril 2025, pour une réduction moyenne du loyer d’environ 400 euros par mois. Une bouffée d’oxygène pour beaucoup de familles ».

Et de poursuivre : « Mais selon nos informations, confirmées par le journal Le Vif, le gouvernement régional préparerait un changement de méthode : le loyer ne serait plus calculé sur le revenu du ménage, mais sur la grille des Agences Immobilières Sociales (AIS) — un système qui ne tient pas compte de qui gagne quoi ». « Quand un locataire est une personne isolée à la pension, ou avec des revenus modestes, le calcul actuel en tient compte et lui permet d’avoir un loyer plus bas, mais pas la grille AIS qui ne se base pas sur les revenus. Si on change de méthode, ce sont les familles les plus modestes qui vont trinquer », dénonce Françoise De Smedt, cheffe de groupe PTB.

« La socialisation des loyers, c'est une bouffée d'oxygène pour des milliers de familles en pleine crise du logement. La démonter en douce, sans dire aux gens ce qui les attend, ce serait un très mauvais coup. Si ce sont des raisons d’économies budgétaires qui guident la secrétaire d’État c’est aussi un très mauvais calcul. La socialisation ne représente que 10 millions dans un budget de 7,7 milliards. Ce serait une économie ridicule mais par contre des dégâts sociaux énormes pour les familles et donc des conséquences sociales supplémentaires à devoir prendre en compte à l’avenir. Vous imaginez le stress d’avoir votre loyer qui augmente de plusieurs centaines d’euros ? C’est un non sens social complet. Et nous nous opposons à une telle réforme. », conclut la députée, qui demande des réponses claires : « Karine Lalieux compte-t-elle vraiment changer les règles ? Quand ? Et surtout, qui va payer plus cher et combien ? ».