Un axe de super-privilégiés se dessine au sein du gouvernement bruxellois
Le PTB a obtenu les détails concernant les indemnités de logement et de domesticité perçues par les ministres bruxellois du nouveau gouvernement. Résultat : alors que certains ministres renoncent à ces avantages, d’autres continuent à cumuler jusqu’à 1 650 euros par mois d’indemnités en plus de leur salaire, soit un total pouvant atteindre 123 750 euros sur la législature. Les ministres MR, Les Engagés et Anders, continuent de manière obscène à toucher ces indemnités. C’est l’axe des super privilégiés dans le gouvernement. C’est l’austérité pour les Bruxellois mais pas pour leurs privilèges.
« Ces ministres gagnent déjà plus de 10 000 euros par mois. Pendant que certains refusent d’encadrer les loyers, ils se versent des indemnités pour se loger à Bruxelles. Dans le même temps, ces ministres appliquent une austérité jamais vue à Bruxelles. L’austérité pour les Bruxellois et les Bruxelloises mais pas pour eux. C’est vraiment obscène. Nous exigeons de supprimer ces privilèges.», dénonce Françoise De Smedt, cheffe de groupe du PTB au Parlement bruxellois.
À la suite des questions du PTB, voici les réponses reçues des différents membres du gouvernement bruxellois :
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ministre |
en résumé |
réponse écrite |
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Boris Dilliès (MR) |
uniquement domesticité (1250 €/mois) et ne compte pas supprimer pour sa part |
1. Je vous confirme avoir renoncé à l’indemnité de logement à laquelle je peux prétendre dans l’exercice de mes fonctions. 2. L’indemnité de domesticité, applicable aux membres du Gouvernement, est maintenue. 3. À ce stade, la suppression de ces indemnités ne figure pas à l’agenda. NB : En commission des finances lors des discussions budgétaires, Boris Dilliès a également affirmé: “Mais sur cette démagogie qui consiste à dire que les politiques, et particulièrement les ministres, évidemment, devraient montrer l’exemple et raboter. Pour moi, c’est non. Je ne peux pas être plus clair, c’est non, parce que moi, je ne tourne pas autour du pot”. |
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Ahmed Laaouej (PS) |
aucune des deux |
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Laurent Hublet (Les Engagés) |
fait don de celle de logement à 5 associations et empoche l'autre de 1250 €/mois |
QUESTION 1 : Oui, les démarches sont entreprises pour activer l'indemnité de logement à partir du 1/04/2026. Je fais don de la totalité de mes indemnités de logement (soit 400€ nets par mois) à 5 associations proposant de l’hébergement à des personnes sans abri ou à des enfants. Chaque association recevra en direct de ma part 80€/mois, soit quasiment 1000€/an (960 pour être exact). Les dons commenceront à partir du 1/4/2026. QUESTION 2 : Oui, les démarches sont entreprises pour activer l'indemnité pour frais de domesticité à partir du 1/04/2026. |
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Audrey Henry (MR) |
uniquement celle de domesticité (1250 €/mois) |
Les indemnités que vous évoquez s’inscrivent dans le cadre des conditions matérielles attachées à l’exercice des fonctions gouvernementales, telles qu’elles ont été définies antérieurement à la mise en place du gouvernement actuel. S’agissant de l’indemnité de logement, j’ai fait le choix d’y renoncer. En revanche, je bénéficie de l’indemnité pour frais de domesticité. |
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Karine Lalieux (PS) |
aucune des deux |
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Dirk De Smedt (Anders) |
perçoit les deux indemnités et s’en justifie fièrement |
L’indemnité forfaitaire de logement fait partie, depuis le 1er janvier 2002, de la rémunération des membres du Gouvernement et des Secrétaires d’État de la Région de Bruxelles-Capitale. Je peux vous confirmer que je bénéficie de l’ensemble de ma rémunération, y compris de l’indemnité forfaitaire de logement. À mon sens, il s’agit d’une rémunération adéquate au regard des responsabilités qu’un Ministre est appelé à assumer. Je peux vous confirmer que je bénéficie de l’ensemble de ma rémunération, y compris de l’indemnité forfaitaire pour frais de domesticité. À mon sens, il s’agit d’une rémunération adéquate au regard des responsabilités qu’un Ministre est appelé à assumer. NB : Dans la presse, Dirk De Smedt avait également affirmé ne pas renoncer à ces indemnités “même pas dans 200 ans”. |
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Elke Van den Brandt (Groen) |
aucune des deux | - |
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Ans Persoons (Vooruit) |
aucune des deux |
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« À Bruxelles, plus de 60 000 ménages attendent un logement social et voient leurs loyers exploser. Dans ce contexte, avoir ces privilèges est socialement indéfendable », poursuit Françoise De Smedt. « Ces 1 650 euros mensuels représentent plus que le loyer moyen d’un appartement deux chambres à Bruxelles. C’est un symbole fort d’un fossé entre les ministres et la population. Suite à nos questions, plusieurs ministres avaient déjà renoncé à leurs indemnités lors du gouvernement précédent. Il y avait eu des rumeurs que la suppression de ces indemnités était sur la table des négociations. Mais aujourd’hui ce que nous voyons c’est que les ministres MR, Engagés et Anders continuent maintenant de les percevoir, c’est un axe de privilégiés qui se dessine dans le gouvernement. Bien la preuve qu’il faut supprimer définitivement la circulaire qui permet ces privilèges. D’autant plus que le Ministre Président Boris Dilliès et son ministre des finances Dirk De Smedt se défendent de manière indécente pour maintenir leurs privilèges.»
Le parti de gauche demande aussi que la transparence soit complète sur tous les avantages dont bénéficient les ministres et secrétaires d’État. « Nous avons déposé une résolution pour mettre fin à ces privilèges une bonne fois pour toutes, nous comptons sur tous les partis au parlement pour soutenir ce texte.», conclut Françoise De Smedt.