Un gouvernement d’austérité, des loyers chers et de l’immobilité : les Bruxellois vont payer l’addition

Un gouvernement d’austérité, des loyers chers et de l’immobilité : les Bruxellois vont payer l’addition

Le nouvel accord du gouvernement bruxellois trace une ligne claire. Pour Françoise De Smedt, Cheffe de groupe PTB au parlement bruxellois: « Cet accord peut déjà se résumer en trois mots : austérité, loyers chers et immobilité ». Voici son discours en réaction à la déclaration de politique générale de la nouvelle coalition bruxelloise MR-PS-Engagés/Groen-Vooruit-Anders-CD&V.

Monsieur le Ministre-Président,

613 jours sans gouvernement de plein exercice à Bruxelles.

Pendant 613 jours, les Bruxelloises et les Bruxellois ont attendu des réponses pour se loger et pour se déplacer. Des réponses pour la propreté, la sécurité, les services publics, le financement des associations, des communes.

La longueur de cette crise est politique. Elle est le résultat d’une tentative d’imposer à Bruxelles une version régionale de l’Arizona. Imposer une politique d’austérité dure qui n’a jamais été demandée par la majorité des électeurs bruxellois.

Depuis le début, avec le PTB nous l’avons dit : il n’y a que deux chemins possibles pour Bruxelles. Soit c’est le choix de faire payer les habitants, les services publics, le tissu associatif, via l’austérité. Soit c’est le choix du refinancement et de s’attaquer enfin au problème structurel du sous-financement de Bruxelles, que le gouvernement Arizona a décidé d’encore plus aggraver.

Car Bruxelles produit près d’un cinquième de la richesse du pays, mais elle ne récupère qu’une partie de cette richesse pour financer ses politiques publiques, ses besoins sociaux plus importants qu’ailleurs. Brussel is een rijk Gewest. Maar ze recupereert maar een (eun) deel van die rijkdom om haar beleid te financieren, ook al zijn de sociale noden groter dan in de andere regio’s.

Ce déséquilibre n’est pas neuf, il est structurel. Et il a forcément un impact sur l’état du réseau de la STIB, sur la construction de logements publics, sur le non marchand.

Pendant ces 613 jours, personne n’a voulu vraiment se préoccuper de cette question. Pire, nous avons aussi vu la pression des marchés financiers et des banques. Nous avons vu le ministre des finances et la droite organiser la peur pour imposer l’austérité comme seule alternative.

Aujourd’hui, un gouvernement est enfin en place. Et vous mettez en avant des annonces positives, quelques mesures ciblées, vous cherchez à rassurer, c’est le good news show avant la tempête.

Parce que quand on regarde l’ensemble du tableau, une autre réalité apparaît. Derrière les annonces, il y a un objectif affiché : un milliard d’euros d’économies en moins de quatre ans. Un milliard dont 80% de coupes et 20% de recettes nouvelles sur le dos des travailleurs et leurs familles. Voilà le choix que vous avez fait : l’austérité, les coupes, les tarifs en hausse et les taxes en plus.

A la lecture de votre déclaration de politique générale, trois lignes fortes se dessinent donc : austérité, loyers chers et immobilité.

Oui, vous êtes un gouvernement d’austérité. Un milliard d’euros d’économies en 3 ans. Un milliard. C’est un objectif énorme. Dit is een besparingsrégering.

Eén miljard euro besparingen in drie jaar. Eén miljard. Dat is een enorme doelstelling.

Quand on parle d’économies de cette ampleur, ce ne sont pas des lignes abstraites dans un tableau Excel. Ce sont des services, des emplois et des associations en moins, puis des tarifs qui augmentent.

D’abord, les services publics. Le moratoire sur les embauches et la politique de non-remplacement vont mécaniquement réduire les effectifs. Avec les chiffres d’économie que vous annoncez dans le tableau budgétaire, on peut estimer à plusieurs milliers le nombre d’emplois en moins d’ici 2029. Peut-être 2.000, peut-être 3.000. Vous voulez aussi plafonner les barèmes à 29 ans, donc réduire les salaires.

Moins de personnel, c’est moins de capacité, ce sont des délais plus longs pour répondre aux besoins, c’est moins de présence sur le terrain. Et une plus grande charge de travail pour ceux qui restent.

Ensuite, le secteur associatif et non marchand. Après les coupes de 15% déjà appliquées l’année passée, c’est 25 millions d’euros par an que vous voulez économiser sur le dos des associations, de leur personnel et de leur public. Dans une Région où le tissu associatif compense déjà les manques de l’État, c’est considérable. On parle de contrats qui ne seront pas renouvelés, des projets qui s’arrêtent, des centres de soin et culturels qui ferment. Des publics fragiles laissés de côté. Vous avez beaucoup parlé hier de cohésion sociale, mais avec ces économies vous allez la détruire.

Et que dire aussi de Vivaqua. Pas de dotation régionale, c’est préparer une hausse du prix de l’eau. Alors qu’il a déjà augmenté 4 fois en 5 ans, l'eau n’est pas un produit de luxe. C’est un besoin essentiel. Chaque augmentation pèse davantage sur les ménages. 100 000 personnes sont déjà touchées par la précarité hydrique à Bruxelles, vous n’allez faire qu’aggraver ce nombre !

Voilà votre austérité : moins d’emplois, moins de services publics, de moins bonnes conditions de travail et des prix de l’eau qui flambent !

Et pendant ce temps, rien n’est entrepris pour s’attaquer au vrai problème : le sous-financement structurel de Bruxelles. Rien non plus pour endiguer le trou que la réforme du chômage décidée au fédéral va creuser dans les finances des CPAS et des communes bruxelloises. Où est la compensation ? Où est la bataille politique pour défendre les finances de la Région ? Ce sont les mêmes partis qui coupent au fédéral qui imposent l’austérité dans la région. On coupe ici, mais on ne va pas chercher l’argent là où il se trouve.

Vos projections budgétaires sont par ailleurs très douteuses, comme beaucoup d’observateurs l’ont déjà souligné. Par exemple, les recettes supplémentaires de 80 millions en 2029 liées aux effets retours de vos politiques, on aimerait bien voir sur quoi de solide vous vous basez pour les calculer.

La bonne nouvelle du tableau budgétaire c’est la diminution des frais de consultance, enfin. Mais on se permet quand même d’avoir des doutes… parce que vous annoncez en même temps des coupes dans la fonction publique et une réorganisation massive. Or, pour réorganiser ça demande souvent appel à la consultance et affaiblir les services publics, ça risque au contraire d’augmenter la dépendance aux consultants. Alors qu’en sera-t-il au juste ?

Enfin, venant d’un gouvernement dirigé par le MR, on n’est pas vraiment surpris de constater que l’austérité s’appliquera à tout le monde sauf à vous. Suite à nos révélations, tous les ministres sauf un du gouvernement sortant qui les touchaient ont abandonné les indemnités mensuelles de logement de 400€ et de frais de domesticité de 1250€. Aujourd’hui nous n’entendons plus personne dire qu’il faut les supprimer. Est-ce que cela veut dire que la ligne qui a prévalu, c’est celle de Dirk De Smedt, le ministre de l’austérité pour les autres mais pas pour lui-même ? On aimerait savoir!

Soyons clairs. Oui, Bruxelles doit gérer ses finances avec sérieux. Il faut lutter contre les dépenses inutiles et le gaspillage comme les consultants ou la lasagne institutionnelle. Mais fixer un objectif d’un milliard d’euros d’économies sans résoudre le sous-financement structurel, sans bataille politique face à un niveau fédéral qui définance, sans stratégie de refinancement, c’est inévitablement s’attaquer aux travailleurs et à leurs familles, c’est faire peser l’ajustement sur les services publics, les communes, les associations. L’austérité ne règle pas les problèmes structurels. C’est même pire, elle les aggrave. En voulant équilibrer des chiffres par l’austérité, vous déséquilibrez des vies.

Bruxelles traverse une crise aiguë du logement abordable. Les loyers explosent. Des milliers de ménages ont du mal à boucler les fins de mois à cause des loyers trop chers, des milliers quittent notre région chaque année à cause de cela. 62.000 ménages sont sur la liste d’attente pour un logement social.

Et face à cela, que propose ce gouvernement ? Vous êtes le gouvernement des loyers chers. Dit is een régering van de dure huurprijzen.

Vous restez enfermé dans une logique d’accompagnement du marché privé au lieu d’assumer une intervention publique forte.

Ce qui est prévu pour le moment dans la déclaration ne va en rien arranger le problème des gens pour payer leur loyer. La grille des loyers sera évaluée, mais dans quel sens? Elle a déjà été revue, nul besoin d’encore le faire mais par contre comment renforcer l’action de la CPL pour qu’elle protège mieux les locataires, ça pas de trace dans la déclaration.

Un chiffre de 1000 logements fournis circule, mais quels logements? Vous passez d’une promesse de 5000 logements en 2019 non atteinte et déjà insuffisante à 1000 logements cette fois. Ces 1000 logements ne sont-ils pas aussi d'ailleurs la simple continuité de ce qui a été lancé il y a 5 ans ?

Le conventionnement volontaire est annoncé, sur base volontaire donc… Déjà promis en 2019 et jamais réalisé. Qui va se lancer là-dedans quand augmenter le loyer peut-être plus rentable ?

Une réforme du financement du secteur du logement social est annoncée pour en assurer sa pérennité : dans les tableaux budgétaires, l’ARS va diminuer. Si la réforme du financement du logement social conduit à augmenter les loyers sociaux, vous allez déplacer simplement la pression vers les ménages les plus fragiles. Cela contredirait totalement l’objectif d’accessibilité.

La rénovation ne se fera que dans les “limites budgétaires”. Autant dire pas grand chose en réalité. La reconversion des bureaux en logement va se poursuivre : elle s’est toujours faite, mais seulement avec du logement cher, zéro logement social et rien n’indique que ça va changer.

Bref, sans plafonnement contraignant, sans production de logements publics suffisante, en 2029 le loyer moyen sera à 1400-1500 euros et on ne peut pas accepter ça ! Bruxelles doit choisir : soit elle régule et investit massivement dans le logement public, soit elle accepte de devenir une ville d’exclusion.

Je ne sais pas si vous avez vu l’excellent reportage de la RTBF sur le logement abordable à Vienne, mais je vous y encourage. 80% de locataires, 220 000 logements appartenant à la Ville, plusieurs centaine de milliers d’autres à loyer encadré, des coopératives de logement … c’est le rêve et Vienne montre que c’est possible !

Ce qui est très inquiétant aussi ce sont toutes les réformes prévues en matière d’urbanisme. Les gros promoteurs immobiliers ont martelé leur demande de réduire les délais pour obtenir les permis pendant toute la campagne électorale. C’est chose faite dans l’accord, au détriment de toute une série de mesures démocratiques mises en place après de longues luttes.

Suspension des enquêtes publiques durant les vacances: supprimée, l’avis de la CRMS: supprimé, une réunion de projet sera organisée en amont mais seulement consultative, extension des dispenses, …etc. Pour des petits propriétaires cela peut aider oui, mais qui va profiter de cette situation ?

Le débat n’est pas d’être pour ou contre l’accélération. Il est de savoir qui en bénéficie. Accélérer pour répondre à la crise du logement et renforcer le logement public, oui. Accélérer pour fluidifier les profits privés, non. Si nous devons aller vite, allons vite pour celles et ceux qui attendent un logement abordable, pas pour les spéculateurs. Produire plus de logements chers n’a jamais résolu la crise du logement, n’a jamais participé à baisser les prix bien au contraire …

Neo revient sur la table, Josaphat est gelé pour au moins 18 mois, … Et on ne voit absolument rien sur les charges d’urbanisme ou les quotas de logements publics dans les grands projets immobiliers… Sans maîtrise publique du sol, il est impossible de peser durablement sur les prix. On ne vous entend plus non plus sur un % minimale de production de logements publics sur les terrains publics.

Dans le même temps, vous annoncez que les primes Renolution seront supprimées. Or vous débloquez déjà 56 millions pour des travaux réalisés en 2025. Supprimer ces primes aussi brutalement à l’avenir risque bien de freiner les rénovations des logements. Et les remplacer uniquement par des prêts à taux réduit, c’est probablement laisser de côté celles et ceux qui n’ont pas la capacité de pouvoir faire ces emprunts et que dire aussi du financement de ces prêts à taux zéro ? Le fonds du logement a dû arrêter les prêts ecoreno tout un temps car il n’arrivait plus à financer ces prêts, comment allez-vous faire cette fois ?

Résultat : moins d’aides directes, plus d’endettement, et un risque de ralentissement de la rénovation.

Au final, ce que nous voyons, c’est donc bien une politique qui accompagne le marché plutôt que de le réguler. Une politique qui espère que le privé résoudra la crise, alors que c’est précisément la logique de marché non encadrée qui a conduit à cette situation.

Les loyers ne vont pas baisser, ils vont continuer à monter. Et ce sont encore les locataires, les jeunes, les familles monoparentales, les travailleurs qui en paieront le prix.

Ce gouvernement est un gouvernement de l’immobilité. Dit is een regering van stilstand op vlak van mobiliteit.

Bruxelles a besoin de transports publics plus fréquents, plus fiables, plus accessibles. Mais que faites vous ?

Vous annoncez “maintenir l’offre” de la STIB. Maintenir. Mais de quelle offre parle-t-on ? Ces deux dernières années, elle a déjà été réduite. 65 millions d’euros en moins. Des fréquences de bus diminuées en 2024. Deux lignes de bus supprimées en 2025.

Maintenir une offre affaiblie, ce n’est pas répondre aux besoins. C’est entériner le recul. Dans une ville qui grandit, où les embouteillages restent massifs, où les alternatives à la voiture sont cruciales, ne pas augmenter l’offre, c’est un choix politique. Car vous prévoyez aussi de reporter le remplacement de matériel roulant pour le métro et les trams…

Et ce choix aura des conséquences. Moins d’investissement. Du matériel vieillissant. Des incidents répétés. Des retards. Il y aura encore combien de rames qui vont brûler ?

Que dire aussi des barèmes des agents de la STIB nouveaux entrants que vous voulez modifier ? C’est comme cela que vous remerciez tous ces travailleurs qui se lèvent à l’aube pour nous transporter? qui subissent des services coupés ? qui usent leur santé ? Vous allez créer des agents à double vitesse c’est intolérable.

Pendant ce temps, vous allez augmenter encore les tarifs de la STIB, après 3 augmentations en un an et demi. Rendre les transports en commun moins attractifs tout en demandant aux gens de laisser leur voiture au garage, c’est incohérent.

Et parlons justement des automobilistes. Le gouvernement prévoit une vignette automobile. Une nouvelle taxe. Dans le même temps, le prix du permis de conduire va augmenter lui aussi, une claque pour la jeunesse encore.

Oui, il faut réussir la transition écologique. Oui, il faut réduire la pollution. Mais on ne peut pas demander plus à tout le monde, sans offrir des alternatives crédibles et accessibles.

Le passage d’un système d’amendes LEZ pouvant aller jusqu’à 1.400 euros par an à un pass annuel de 350 euros est un pas en avant et cela va en partie soulager des ménages. Cela montre que la pression citoyenne a eu un effet. Mais ça reste insuffisant. On maintient un système où ceux qui peuvent payer continuent à rouler et en fait vous transformez la LEZ en un permis de polluer et donc en une taxe... au lieu de miser sur développer les alternatives des transports en commun pour améliorer la qualité de l’air.

Sur le métro 3, la situation reste chaotique. Vous annoncez le “stopper”, mais vous ne stoppez pas les travaux au Palais du midi sachant que les tram 4 et 10 seront du coup à l’arrêt pendant plus d’un an, sans compter les attentes non entendues des habitants et commerçants du quartier Stalingrad… Avez-vous la moindre idée du coût en plus de cette “pause” qui n’en est pas vraiment une ?

Même ambiguïté pour Good Move. Pour le MR et son président, il est soit-disant enterré. Pour d’autres, il est simplement renommé et continue sa route. Ce flou ne rassure personne. Bruxelles a besoin d’une vision claire et sociale. Pas d’annonces contradictoires selon le parti qui s’exprime.

Au final, que voit-on ? Des transports en commun qui ne seront pas renforcés. Des tarifs en hausse. Une nouvelle taxe automobile. Des ambiguïtés sur les grands projets.

Alors qu’il faudrait investir dans la STIB. Augmenter les fréquences. Renouveler le matériel. Améliorer la fiabilité. Et avancer vers un modèle où les transports publics deviennent progressivement moins chers.

Aujourd’hui, ce gouvernement ne met pas Bruxelles en mouvement. Il gère l’existant. Et il le gère à l’économie. L’immobilité donc.

Au niveau de la sécurité. Vous en avez fait un thème central. Le trafic de drogue détruit des quartiers entiers. Les habitants vivent avec la violence au quotidien.

Mais quelques millions pour sécuriser des gares ne régleront rien. Le cœur du problème, c’est le sous-financement chronique de la police judiciaire au niveau fédéral. Sans enquêteurs, sans moyens d’investigation, on ne démantèle pas les réseaux. Or c’est ça la priorité. Mais vous ne vous attaquez pas aux racines. Et les problèmes reviendront…

La propreté ensuite. D’un côté, on comprend entre les lignes que vous prévoyez de réduire le nombre de collectes, dans une ville où beaucoup de familles vivent dans de petits appartements. De l’autre, vous ne prévoyez que 4 millions par an pour les conteneurs enterrés.

C’est largement insuffisant pour rendre notre région propre. On a déjà vu où mène cette logique : moins de collectes, plus de sacs dans la rue, plus de tensions. La propreté c’est une question de dignité et de santé publique et elle demande des moyens.

Sur l’emploi et le chômage. Vous insistez sur le contrôle et des nouvelles obligations, alors que les allocations sont déjà fortement limitées dans le temps au niveau fédéral. Avec les millions que vous voulez économiser sur l’absentéisme, avec vos propos dans la déclaration concernant la remise au travail des personnes malades de longue durée, vous allez en fait appliquer la chasse aux malades comme l’Arizona…

Si vous excluez davantage, si en plus vous mettez la pression sur les malades de longue durée sans renforcer massivement l’accompagnement, vous ne créerez pas d’emplois. Vous déplacerez la précarité vers les CPAS. Sans moyens supplémentaires pour Actiris, parler d’accompagnement renforcé relève de l’affichage.

Rien non plus pour les 28.000 travailleuses en titres-services. Ce sont majoritairement des femmes. Nous sommes pour plus de contrôles des employeurs sur les formations subsidiées que ceux-ci ne donnent pas à leurs aide-ménagères, nous voulons aussi plus de contrôles sur la sécurité et l’hygiène au travail, c’est une responsabilité régionale. Et nous rappelons, que la suppression de la déductibilité fiscale des titres a été faite avec l’objectif d’améliorer les salaires des travailleuses et de leur garantir des conditions de travail dignes, cet argent doit revenir aux aide-ménagères. Cet argent vient des clients, il n'appartient pas au gouvernement. Les aides ménagères étaient invisibles pendant les négociations. Elles le restent dans votre accord.

A propos du combat nécessaire contre le racisme, vous dites que le combat contre la discrimination à l’embauche sera une de vos priorités, grâce à un « système de contrôle objectivé et effectif via l’Inspection régionale ». C’est ce qu’on appelle le testing anti-discrimination, il existe, il a été voté, mais les gouvernements précédents ont préféré le laisser dans sa boîte. Seulement 6 tests réalisés en 5 ans ! Ici que prévoyez-vous de différent ? Quel renforcement pour plus de tests?

Vous ne dites rien au sujet des allocations familiales dans la déclaration. Mais le tableau budgétaire soulève un point. Visiblement un transfert de la réduction du précompte immobilier pour enfant à charge vers les allocations familiales. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Quelle garantie que cet argent ira directement aux familles? Quelles garanties qu’elles n’y seront pas perdantes?

On a vu que le gouvernement en affaires courantes a déjà réduit deux fois le budget des allocations familiales et vient juste de couper aussi dans les caisses. Les familles bruxelloises ont besoin de stabilité. Pas d’une nouvelle coupe.

Et pendant ce temps, le sans-abrisme continue d’augmenter. Plus de 10.000 personnes aujourd’hui. Si vous ne régulez pas les loyers, si vous coupez dans l’associatif, si le fédéral exclut davantage du chômage, la situation ne peut qu’empirer. Quelques enveloppes ponctuelles ne suffiront pas.

Même constat pour les pompiers. Ils demandent 200 recrutements pour garantir un service sûr. Votre accord mentionne une hausse d’effectifs, mais les chiffres budgétaires sont loin du compte, trois fois moins que ce qu’il faudrait. C’est la sécurité de tout le monde qui est en jeu.

Parlons de votre vision de la santé. Vous nous vendez le PSSI et la proximité. Mais comment allez-vous " vers" les Bruxellois avec autant d'économie qui vont toucher directement les associations de terrains ? Beaucoup d’annonces mais où sont les budgets ?

Au fond, le fil rouge reste le même. Vous annoncez. Mais vous n’investissez pas à la hauteur des besoins. Eigenlijk blijft het altijd hetzelfde. Jullie kondigen van alles aan. Maar jullie investeren niet genoeg voor wat er echt nodig is.

Votre gouvernement est le gouvernement de l’austérité, des loyers chers et de l’immobilité.

Vous choisissez de couper un milliard d’euros sans régler le sous-financement structurel de Bruxelles. Vous choisissez de réduire les services publics et d’assécher le secteur associatif. Vous choisissez de faire payer davantage les ménages pour l’eau.

Vous choisissez de ne pas encadrer les loyers pour les faire baisser. Vous choisissez de ne pas fixer d’objectifs contraignants pour le logement public. Vous choisissez de faciliter la construction de logements plus chers.

Vous choisissez de ne pas renforcer l’offre de la STIB. Vous choisissez d’augmenter ses tarifs. Vous choisissez de taxer davantage les automobilistes sans offrir d’alternative crédible.

Ce ne sont pas des fatalités. Ce sont vos décisions politiques. Et ces décisions auront des conséquences très concrètes pour les travailleurs, pour les locataires, pour les familles, pour les associations.

Avec le PTB, nous défendons une autre voie. Refinancer Bruxelles au lieu de l’asphyxier. Encadrer les loyers pour les faire baisser. Investir dans des transports publics fréquents, fiables et accessibles.

Protéger les services publics au lieu de les affaiblir. Soutenir le tissu associatif au lieu de le fragiliser. Faire contribuer davantage les épaules les plus larges, au lieu de faire payer toujours les mêmes.

Comme premier parti d’opposition dans cette Région, le PTB sera aux côtés des travailleurs, des locataires, des familles et des associations. Nous serons là pour proposer, pour résister tant qu’il le faudra.