Coupures d'eau : "Une occasion ratée pour les interdire toute l’année"

Aujourd’hui en commission environnement du parlement bruxellois, des ordonnances concernant l’accès à l’eau ont été discutées. Une majorité de députés a rejeté les propositions du PTB d’interdire les coupures d’eau toute l’année et de remettre la fixation des tarifs dans les mains des élus. Le PTB parle d’une “occasion ratée”. Mais le parti de gauche se réjouit qu’une de ses propositions soit reprise dans le texte adopté par la majorité : celle de supprimer la mesure qui avait bien failli faire augmenter de 20% les factures pour ⅔ des ménages bruxellois.

Guillaume Coqueblin/Flickr
Le PTB parle “d’occasion ratée” parce que sa proposition d’amendement d’interdire des coupures d’eau toute l’année a été rejetée. Explications de Caroline De Bock : “Nous avions introduit une ordonnance pour interdire complètement les coupures d’eau : mais la majorité a refusé de voter sur le texte, et a voté contre notre amendement qui demandait la même chose. C’est une occasion ratée d’interdire les coupures d’eau toute l’année. L’eau est pourtant un besoin vital chaque jour. Pourquoi les familles en auraient-elles moins besoin certaines périodes de l’année? Boire de l’eau n’est pas moins essentiel en automne. Notre proposition d’interdire les coupures d’eau est une mesure de bon sens. Il faut savoir qu’à Bruxelles, le nombre de coupures d'eau a doublé en 5 ans. De plus en plus de ménages se retrouvent donc dans la précarité, puisque tous les gestes du quotidien, de la toilette à la cuisine et au ménage, sont rendus impossibles… “

Par contre, le PTB se réjouit que l’ensemble des députés présents ait voté la suppression de la mesure de l’ancien gouvernement concernant le passage au tarif linéaire pour les compteurs collectifs. La mesure avait bien failli entraîner une augmentation de 20% des factures d’eau pour ⅔ des ménages... Explications de Caroline De Bock, députée PTB : “A l’époque, nous étions le seul parti à avoir voté contre le texte du gouvernement qui conduisait à cette augmentation. Et cette année dès que nous avons appris que Vivaqua allait l’appliquer, nous avons introduit une nouvelle ordonnance afin de supprimer cette mesure. Heureusement, sous la pression, Vivaqua avait finalement décidé de ne pas appliquer l’ordonnance. Aujourd’hui nous sommes donc soulagés que l’ordonnance de l’ancien gouvernement ait pu être définitivement modifiée et que l’augmentation des factures n’ait pas lieu. Cette mesure d’augmentation de 20% des factures d’eau touchait surtout les familles les plus fragiles, habitant dans des bâtiments anciens, des logements sociaux, de grands immeubles, sans compteurs individuels. Une mesure particulièrement injuste.”

Le parlement a rejeté une autre proposition du PTB aujourd’hui en commission. Caroline De Bock : “Une autre occasion ratée, c’est d’avoir rejeté notre proposition de remettre la fixation du prix de l’eau dans les mains des politiques. Avec le texte de l’ancien gouvernement, les tarifs de l’eau ne sont plus fixés par le politique. C’est devenu la compétence d’un organisme non élu. Vu l’enjeu de l’accès à l’eau, nous sommes convaincus que cela aurait dû rester une matière soumise au débat et au contrôle démocratique. D’ailleurs on le voit, le prix de l’eau a depuis lors déjà augmenté. L’objectif de fond, impulsé par l’Union Européenne, est que le prix de l’eau augmente pour mieux refléter le coût réel. C’est une logique inacceptable selon nous qui défendons le service public et l’accès à l’eau comme étant des droits universels.”


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