Dossier : L’étranglement financier de Molenbeek et comment y faire face
Décryptage du déficit budgétaire de la commune et ses responsables
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« Le gouvernement fédéral nous étrangle financièrement et nous envoie ses factures. Nous ne laisserons pas faire ça. Nous mènerons cette bataille avec les habitants pour défendre nos services publics et garantir un avenir digne à notre commune », déclare Dirk De Block, premier échevin à Molenbeek.
Un an après son arrivée à la majorité, le PTB tire la sonnette d’alarme. Molenbeek, deuxième commune la plus pauvre de Belgique, est prise dans un étau financier. Sa capacité à répondre aux besoins urgents de sa population est paralysée. Notre commune doit fonctionner avec 380 euros de moins par habitant que la moyenne bruxelloise. Pour offrir la même qualité de service public qu’ailleurs à Bruxelles, il manque 480 travailleurs communaux.
Cette situation n'est pas le fruit du hasard. Elle est causée par des mécanismes précis qui sont décryptés dans cette étude. Le gouvernement fédéral impose à la commune des charges toujours plus lourdes sans lui donner les moyens de les assumer. Police, Précarité et Pensions : ce sont les trois « P » qui devraient être assumés par le fédéral. Ensemble, ils coûtent à la commune près d'un tiers de son budget.
La Région bruxelloise a aussi une part de responsabilité. Sa dotation à la commune de Molenbeek a été gelée, ce qui lui fait perdre 10 millions d'euros par an. Les subsides régionaux pour la propreté ou la cohésion sociale diminuent, et les retards de paiement chroniques obligent la commune à emprunter pour payer ses factures, générant des coûts d’intérêts supplémentaires.
Dans ce contexte, les banques en profitent pour dicter leur loi. Belfius, banque pourtant sauvée par l'argent public, a menacé fin 2025 d’arrêter de prêter de l’argent à Molenbeek, imposant un plan de redressement en dehors de toute légitimité démocratique.
Face à cet étranglement financier, la commune n’a quasiment aucune marge pour faire rentrer de l’argent : l'impôt des personnes physiques rapporte deux fois moins qu'ailleurs. Le constat est similaire pour le précompte immobilier. Taxer davantage des habitants qui n'en peuvent plus n’est tout simplement pas une solution.
À cela s'ajoute un héritage budgétaire catastrophique au niveau communal. Sous le précédent échevin des finances MR, les réserves financières de la commune ont été vidées et les factures impayées continuent de remonter à la surface.
La nouvelle majorité communale a engagé un travail de rigueur indispensable pour remettre de l'ordre dans les comptes. Mais cette bonne gestion ne suffira pas à résoudre le problème structurel de sous-financement. La seule issue responsable est un financement correct de la commune, basé sur les besoins réels des habitants. Nous allons mener la bataille pour un financement correct et équitable des communes, basé sur les besoins réels des habitants. C’est seulement en se battant, que la commune pourra répondre dignement aux besoins de sa population. Nous mènerons cette bataille avec les habitants pour défendre nos services publics et garantir un avenir digne à notre commune. Nous organiserons des assemblées de quartiers dans ce sens
Ce dossier propose des solutions concrètes pour que notre commune puisse enfin respirer et servir dignement ses habitants.
