KONE était obligée d’écouter les revendications des travailleurs et de répartir…. ses richesses plus équitablement

Début novembre, les travailleurs de l’entreprise KONE, un des plus gros leaders européens des ascenseurs, se sont mis en grève durant 6 jours pour la première fois depuis les 30 ans de présence de l’entreprise en Belgique. Ils ont décidé de dire stop à la surcharge croissante de travail allant de pair avec des salaires beaucoup trop bas. Après la mobilisation des travailleurs l’entreprise était obligée d’écouter les revendications et de répartir…. ses richesses plus équitablement.

Une surcharge de travail croissante pour rassasier la soif de profit des actionnaires

En effet, depuis un certain nombre d’année les travailleurs de KONE ont sans cesse plus de travail. C’est avec la boule au ventre que certains allument leur GSM professionnel au début de chaque mois en sachant pertinemment les dizaines de rappels de réparation en retard qu’ils vont recevoir et qu’ils n’arriveront jamais à rattraper. A tel point que la plupart d’entre eux, afin d’éviter d’accumuler un retard encore plus important, cochent certaines réparations dans leur planning alors qu’elles ne sont pas faites. Ils n’ont pas le choix, la direction ne leur laisse aucun répit. De nombreux travailleurs tombent en burn-out ou démissionnent à cause de cette cadence infernale couplée à un salaire particulièrement bas. 

Des actionnaires et un président qui s’en mettent pleins les poches pendant que les travailleurs triment

Pourtant, l’entreprise est en pleine forme financièrement. Elle pourrait se permettre de baisser la cadence ainsi que mieux payer ses travailleurs. L’année passée, elle a fait 1 milliard de bénéfices dont près de 800 millions ont été reversé à ses actionnaires. Le président de KONE, Antti Herlin, reçoit un salaire annuel de 500 millions, soit 250'000 euros de l’heure ou encore 4200 euros la minute. Et le président a reçu, en plus de son salaire mirobolant, près de 200 millions de dividendes l’année passée. 

Les travailleurs disent stop et réclame une baisse de la cadence de travail ainsi que des augmentations de salaire

C’est pourquoi, quand les syndicats ont organisé une assemblée des travailleurs afin de leur expliquer le nouveau système de géolocalisation et d’organisation du travail que le groupe Kone décidé de mettre en place afin d’augmenter la productivité des travailleurs, ceux-ci ont décidé de dire stop et d’exiger une baisse de la charge de travail ainsi qu’une meilleure répartition des richesses produites par la société (c’est-à-dire, en vérité, produites par les travailleurs eux-mêmes). Les travailleurs ont fait grève durant 6 jours. Du jamais vu chez KONE. La direction s’est vue obligée de négocier et deux pré-accords ont été proposés durant ces 6 jours. Mais les propositions qu’ils contenaient ont été considéré comme une insulte pour les travailleurs compte-tenu du travail difficile qu’ils accomplissent tous les jours et des bénéfices faramineux de l’entreprise.

La direction obligée de plier face à la détermination des travailleurs

Ainsi la direction a été obligée de proposer des mesures plus correctes pour les travailleurs. Alors que, depuis des années, la direction se comportait de façon arrogante et dédaigneuse à l’égard de ses travailleurs, leur mobilisation l’a forcée à se mettre autour de la table des négociations durant des heures afin de proposer des solutions décentes pour les travailleurs. Un troisième plan a été présenté jeudi 22 novembre qui a cette fois été accepté par 63% des travailleurs. Ceux-ci obtiennent un minimum de 630 euros nets de plus par année, pouvant monter jusqu’à 900 euros si certaines conditions de productivité sont remplies. Les augmentations salariales auront lieu a une fréquence plus rapprochée et le plafond maximum de ces augmentations sera augmenté. Les travailleurs peuvent maintenant utiliser leur camionnette professionnelle à titre privée moyennant une indemnité kilométrique payée à l’employeur. Les travailleurs en contrat CDD devront obligatoirement passer en CDI après 6 mois dans l’entreprise. Concernant la charge de travail, la direction s’est engagée à embaucher treize nouveaux travailleurs d’ici fin mars. Une belle victoire. 

Ce sont donc de sérieuses avancées qu’obtiennent les travailleurs grâce à leur mobilisation exemplaire. En effet, pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils se mettaient en grève. Une bonne partie des travailleurs néerlandophone ont rencontré les travailleurs francophones pour la première fois en allant au piquet de grève du siège à Bruxelles. Ils ont pu partager un bon repas tous ensemble et connaître enfin ceux qui partagent leur quotidien depuis des années sans jamais les avoir rencontrés.

Une lutte aux répercussions internationales

Les travailleurs belges de KONE ont été observés et soutenus par les délégations syndicales de KONE de toute l’Europe qui leur ont envoyé des messages de solidarité pendant la grève. Les travailleurs de KONE ont reçu des messages de soutiens des délégations finlandaise, norvégienne, autrichienne, espagnole, italienne, anglaise, néerlandaise ou encore danoise. En effet, ces délégations syndicales, tout comme la direction, savent que ce qui est obtenu en Belgique pourra être réclamé dans les autres pays européens. 

Les travailleurs de KONE savent que ce n’est qu’un début. Après avoir vu ce qu’ils peuvent faire tous ensemble, unifiés, solidaires et motivés, travailleurs du Nord comme du Sud, travailleurs de tous les secteurs de l’entreprise, ils sont prêts à continuer à s’unifier et se mobiliser afin d’améliorer leurs conditions de travail et obtenir une meilleure répartition des bénéfices qu’engrange l’entreprise grâce à leur travail. 


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