Le projet du Parlement bruxellois pour lutter contre les discriminations au logement : un premier pas insuffisant

Ce matin, Mathilde El Bakri, députée PTB, est intervenue au Parlement bruxellois sur le projet d'ordonnance visant à lutter contre les discriminations au logement. Comme vous pouvez le lire ci-dessous, ce projet est, aux yeux du PTB, un premier pas dans le bon sens mais reste très largement insuffisant.

La discrimination au logement est une plaie pour beaucoup de familles bruxelloise : la première de ces discriminations est celle liée au revenus, elle est souvent couplée à la discrimination liée à la composition familiale. Je pense à Marie, une mère de famille seule qui s'est vu refusé des dizaines d'appartement car ca ne fait pas bonne image d'être mère de famille avec un revenu mi-temps. A cela se rajoute souvent la discrimination liée à l'origine ethnique. Beaucoup de familles monoparentales – principalement des mères seule - subissent ainsi une double, voire une triple peine

Le Parlement bruxellois adopte aujourd'hui une ordonnance pour lutter contre la discrimination au logement. Il était temps qu'un tel texte soit à l'ordre du jour. Dans une société qui pratique les discriminations de façon structurelle, c'est un premiersignal positif envoyé à notre jeunesse multiculturelle que les autorités se battent pour une société inclusive où chacun a une place. Cet texte est positif sur différents aspects:

Premièrement car il met en lumière les constat sur la réalité des discriminations. Suite à l'étude de l'Université de Gand, on a pu prouver que les discriminations au logement sont principalement liées à l'origine des revenus comme critère le plus discriminant (30 %) ; viennent ensuite les critères du genre (26 %), de l’origine ethnique (23 %), de l’âge (21 %), du handicap (16 %) et de la composition familiale (4 %).

Ensuite ce texte confirme également que la Région est bel et bien compétente pour lutter contre la discrimination au logement.

Enfin, le texte prévoit prévoit l'obligation d'une évaluation annuelle par la ministre. Un élément extrêmement important afin de pouvoir mesurer régulièrement les résultats de ce texte.

 

Une lutte efficace contre les discriminations au logement ne peut passer que par des testings pro-actif :

Les testing pro-actif, c'est quoi ?

Une association appelle un agent immobilier au nom de Nicolas et ensuite au nom de Fatoumata pour obtenir un rendez-vous pour la visite d'un appartement. Si Nicolas obtient le rendez-vous et pas Fatoumata alors on a pu prouver qu'il y a discrimination.

Selon nous, il ne faut pas se faire d’illusions quant à l'efficacité des testings s'il n''y a pas d'aspect pro-actif. Une lutte efficace contre la discrimination passe par une approche pro-active. Malheureusement, dans le texte de la ministre, le testing ne serait appliqué qu'à la suite de plaintes ou de fortes présomptions de pratiques discriminantes par une agence ou un bailleur. Alors que nous voulons justement que le testing aide à dévoiler les discriminations qu'on ne connaissait pas encore.

C'est pour cette raison que le PTB a déposé plusieurs amendements sur base des critiques formulées par le monde associatif comme le RBDH.

 


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