Le PTB exige l'exclusion des deux policières de la vidéo raciste. « Le Ministre Van Quickenborne doit ordonner que le parquet ré-ouvre l'enquête. »

Nabil Boukili, député du PTB au Parlement fédéral, condamne avec force les insultes racistes et homophobes proférées depuis leur véhicule par deux policières de la zone Midi. « Ces deux policières ne doivent plus jamais exercer une fonction dans la police, elles doivent en être exclues. Il faut surtout mettre fin à l'ambiance dans lequel c'est 'normal' que des policiers s'envoient ce genre de vidéos. Ministre Van Quickenborne doit mettre fin à ce climat d'impunité et utiliser son droit d'injonction pour que le parquet ré-ouvre l'enquête. »

Le député de gauche insiste qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé. « Rappelez-vous des révélations sur les groupes WhatsApp internes à la police où les propos racistes les plus immondes sont relayés. Ou les plaintes et témoignages documentés par la campagne « Pas normal » d'Amnesty International et la Ligue des Droits humains contre le profilage ethnique par la police. Ou encore cet ancien responsable de la brigade canine de la zone Midi de police visé pour des chants nazis, antisémites et négationnistes. Ou la policière qui fait un salut nazi pendant que ses collègues étouffent Jozef Chovanec. ».

Pour Nabil Boukili « Après autant de faits racistes, on ne peut plus nier qu'il y a un réel problème de racisme structurel à la police. Et le fait qu'il y a plein de policiers qui ne sont pas racistes, ne peut plus être une excuse pour minimiser le problème de policiers qui clairement diffusent des propos racistes. Et plus est, clairement dans certains corps, ces policiers arrivent à imposer un climat où il est devenu difficile de critiquer voir dénoncer ce racisme. Le syndicat CGSP parle d'un climat d'omerta où des policiers sont dissuadés de déposer plainte contre des collègues. La CGSP avait même proposé une ligne verte pour que des policiers puissent signaler des faits racistes à l'intérieure de la police. Le ministre de l'intérieure n'a rien fait avec cette recommandation. Ici, les deux policières se sentent tellement intouchables qu’elles vont jusqu’à se filmer, et diffuser cette vidéo parmi leurs collègues, c’est dire une certaine ambiance qui semble régner dans certaines zones de police ».

Cette vidéo n’a pas été réalisée dans la sphère privée, mais dans un cadre professionnel

« Nous allons suivre ce dossier de très près », poursuit le député. « C'est juste inacceptable que le parquet n'a pas décidé de poursuivre parce que 'les faits ne concernaient pas directement l'exécution d'une mission de police judiciaire'. Cette vidéo n'a pas été réalisée dans le sphère privé, mais bien dans un cadre professionnel, et elles diffusent des propos racistes, homophobes et méprisants à leurs collègues. Ce n'est pas un fait anodin. Au Fédéral, je vais demander que le ministre de la Justice utilise son droit d’injonction pour demander au parquet de ré-ouvrir l'enquête pour incitation à la haine raciale. Il est plus que temps d’appliquer une politique de zéro-tolérance pour des faits avérés de racisme dans la police. Mettons en place une procédure particulière dans ce type de situation pour arriver a des résultats rapidement. Et puis rendre obligatoires et continues les formations sur la diversité et l’anti-racisme » termine Nabil Boukili.

« Et puis, elles sont toujours en fonction, » rappelle Youssef Handichi, député bruxellois du PTB. « Une des deux est toujours active sur le terrain dans la même zone et l’autre a une autre fonction dans la police. L’impunité pour ce genre d’attitude doit cesser. Les policiers sont assermentés par l’État, et ont une fonction d’exemple. Si elles se permettent d'étaler librement racisme et homophobie dans une vidéo, comment se comportent elles avec les citoyens lorsqu'elles ne se filment pas ? » s’inquiète le député bruxellois. « On comprend mieux pourquoi les jeunes ont peur. Beaucoup de gens se demandent pourquoi les jeunes s'enfuient à la vue de la police. Cette vidéo permet de mieux comprendre pourquoi les jeunes n'ont pas confiance, et ont peur, peur de se faire insulter et qu'ils subissent des abus ou violences. »

Dans ce cas-ci, le commissaire a réagi puisqu’elles ont été sanctionnées. Mais sanction annulée par le Conseil d’État pour un vice de procédure, comme cela n’a pas été fait dans les temps. Ce système semble favoriser l’impunité de fait. « Ce qui est incompréhensible », selon le député de gauche. « est pourquoi - malgré une vidéo flagrante des faits - le Collège de police où siègent les trois bourgmestres des communes concernées, arrive à avoir un retard de 4 jours pour notifier la sanction à l’intéressée? Et pourquoi les bourgmestres et commissaires ne s'activent que maintenant pour se porter partie-civile, après que l'affaire a éclaté dans la presse ? Leurs partis, PS et Ecolo, se sont engagés dans l'accord de majorité Vivaldi, à une politique de zéro-tolérance envers les abus de la police à l'encontre du citoyen. Qu'attendent-ils – après ce énième cas, de mettre en place une procédure accélérée dans des cas aussi graves qui vont à l’encontre du Code de déontologie de la police ? », se questionne le député.

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