Victoire pour les travailleurs des pouvoirs locaux bruxellois qui obtiennent une revalorisation salariale

Dans son budget, le gouvernement bruxellois s’engage à respecter un plan de revalorisation salariale pour les agents des pouvoirs locaux. Ces travailleurs des pouvoirs locaux (ALR) sont en effet beaucoup moins payés que leurs collègues des autres régions, environ 10 ou 15% de moins, malgré que beaucoup d’entre eux doivent en plus payer des loyers très élevés à Bruxelles. Pour obtenir cette victoire, ils ont mené bataille depuis 3 ans, sous le mot d’ordre “Stop aux bas salaires!”. Cette victoire est celle d'un mouvement exemplaire, uni et déterminé, avec des revendications claires. Le PTB tient à féliciter les ALR pour ce combat et continue de soutenir les revendications restantes.

Crédit : CGSP ALR Bruxelles

Un mouvement déterminé

Depuis 2017, le mouvement des ALR “Stop aux bas salaires” s’est constitué. Ils ont organisé des manifestations, des grèves, des assemblées générales, … Ils ont même fait la tournée des conseils communaux pour faire entendre leurs revendications aux élus locaux qui ont bien fini par devoir les écouter.

Mi-juillet 2019, le nouveau gouvernement bruxellois PS-Ecolo-Défi-OpenVLD-SPA vient de se former. Les députés PTB, fraîchement élus, prennent connaissance de l’accord de majorité du gouvernement Vervoort. Ils constatent, consternés, que rien n'est prévu pour les agents locaux dans cet accord.

Le jour de la présentation du ministre-président Vervoort au parlement, plusieurs dizaines de syndicalistes ALR sont au rendez-vous. Ils n’ont pas caché leur colère. Ils n’acceptent plus que bourgmestres et ministres se renvoient la balle. La cheffe de groupe PTB, Françoise De Smedt, avait d’ailleurs réagi à la tribune du parlement : "Ils sont venus ici au parlement pour demander une augmentation de 10 %, alors qu’ils n'ont pas été augmentés depuis 15 ans et qu’ils sont victimes des plus bas salaires du pays. Et vous faites comme s’ils n’étaient pas là ?!".

En octobre 2019, rebelote, à l’occasion cette fois-ci de la Déclaration de Politique Générale. Les lignes avaient continué de bouger sous la pression et le gouvernement s’engageait à “mener une réflexion concertée avec les partenaires sociaux et les responsables de la Région et des pouvoirs locaux afin de trouver des solutions réalistes à la demande légitime de revalorisation salariale des agents”. Mais face à une promesse aussi vague, les ALR, présents à nouveau, avait lancé des tracts dans l'hémicycle. Le président du parlement, Rachid Madrane (PS), avait sorti son petit marteau et avait crié au micro : “Sortez, c’est nous les élus du peuple!”...

La pression continue et le front commun syndical obtient un accord le 29 octobre 2020. Les 27 500 travailleurs bruxellois recevront cette année une prime de 500€ brut qui sera versée en décembre-janvier. Et pour les années suivantes, des budgets seront libérés pour une revalorisation structurelle qui atteindra 56 millions supplémentaires en 2024. Une belle victoire qui montre l’importance de se battre en front large et uni.

Il reste des défis

Le ministre Clerfayt (Défi) a promis une enveloppe mais veut que les communes contribuent également. Est-ce qu’elles accepteront toutes cette priorité budgétaire ? Certains bourgmestres n’ont pas du tout soutenu le mouvement... Puis vient la question de la répartition de l’effort entre communes. Est-ce que l’effort sera réparti de manière juste entre des communes qui ont des moyens très différents ?

Les travailleurs et leurs syndicats revendiquent aussi depuis des années la reprise des “statutarisations”. Car au fil des années, le personnel nommé a diminué. Cela veut dire que les emplois dans la fonction publique ne sont plus aussi durables et de qualité et qu’ils ne donnent plus lieu à une bonne pension.

Les ALR demandent également une prime de fin d'année, comme dans d’autres secteurs (certaines communes et CPAS prévoient une prime, mais ce n'est pas le cas pour les hôpitaux publics par exemple). Les travailleurs demandent aussi la fin des très bas salaires dans les "niveaux E" : des salaires de 1200 ou 1300 euros ne permettent pas de mener une vie digne ! Les représentants syndicaux continuent de se battre pour une politique de bien-être au travail, sans harcèlement managérial qui affecte terriblement certains services. Et finalement, le mouvement continue de revendiquer une réduction collective du temps de travail (avec embauches compensatoires et sans perte de salaire). C’est la seule mesure efficace, qui a été appliquée jusque dans les années 1980, pour affecter les gains de productivité en emplois pour un plus grand nombre de gens, et ainsi répartir entre tous la richesse produite par les travailleurs.

Il faudra assurément encore beaucoup de détermination, d’unité et d’organisation pour continuer à avancer. Le PTB continuera de soutenir et de porter la voix des travailleurs.

 


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  • Loïc fraiture
    a publié cette page dans Actualités 2020-11-16 15:47:15 +0100

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