Moins de voitures à Bruxelles: miser sur des transports publics attractifs et gratuits plutôt que d’enrichir les parkings privés

Le gouvernement bruxellois (PS-Ecolo-Defi) annonce dans sa déclaration de politique générale vouloir supprimer 65 000 places en voirie d’ici 2030 et augmenter les tarifs pour diminuer le nombre de voitures sur l’espace public. Avec quel objectif ? Pousser les automobilistes à se stationner dans les parkings hors voiries, qui sont pour la plupart privés et coûteux. Pour diminuer réellement le nombre de voitures à Bruxelles et répondre à l’urgence climatique, le PTB propose d’augmenter l’offre des transports en commun et les rendre gratuits.. Parallèlement, ouvrir des parkings publics hors voirie.

Une mesure anti-sociale qui touche les bas et moyens revenus

Bientôt, se stationner le long des trottoirs sera une pratique pour privilégiés, réservée à ceux qui en ont les moyens. Avec la majorité PS-Ecolo-Defi, cela coûtera plus cher de se garer sur la voirie publique que dans un parking privé... Le gouvernement déclare ainsi s’attaquer à l’omniprésence de la voiture sur les routes, mais il va dans les faits s’en prendre aux voitures des ménages aux bas et moyens revenus, qui n’auront pas les moyens de suivre l’augmentation des tarifs. Tandis que les personnes à revenus élevées pourront continuer à circuler et se garer où bon leur semble.

Les automobilistes touchés par cette mesure vont alors devoir se tourner vers les parkings hors voiries, gérés majoritairement à Bruxelles par des grandes firmes privées qui appliquent déjà une politique tarifaire élevée. Résultat : l’automobiliste « moyen » va voir encore une fois son pouvoir d’achat diminuer car le coût du stationnement va indéniablement augmenter pour lui.

C'est une façon anti-sociale de diminuer le nombre de voitures à Bruxelles. Et des professeurs de l'ULB confirment dans Le Soir que la diminution de places n'a qu'un effet si en même temps l'offre des transports en commun augmente. Donc cette décision du gouvernement risque d'avoir un impact limité sur le nombre de voiture, mais un grand impact sur le portefeuille des gens. Un impact réel pour diminuer la pollution de l'air ou augmenter la fluidité du trafic n'est pas garanti. Certes on verra moins de voitures stationnés, mais elles circuleront toujours autant et la pollution de l’air sera toujours aussi néfaste. Et un professeur de l'Université Saint-Louis doute effectivement dans le même article du Soir de l'automatisme entre la suppression de places et la fluidité du trafic.

Le parking privé, une vision commune entre tous les partis

L'abonnement riverain du parking sous la place du Miroir à Jette coûte 123€ par trimestre

Plusieurs projets de parking sous-terrain sont en cours un peu partout à Bruxelles. Ces aménagements souvent liés à une piétonnisation de l’espace public, dont le but est et rendre les lieux plus agréables et respirable. On peut le voir dans les communes d’Anderlecht (PS-Ecolo) avec le projet sous la place de la Vaillance, de Schaerbeek (Defi-Ecolo) sous la place Lehon. A Jette, ce projet a déjà été réalisé sous la place du Miroir : un parking géré par la multinationale Apcoa (qui a été retenu aussi pour le projet à Anderlecht). Pour le PTB, cette logique d’aménagement ne tient pas la route. D’abord parce que le but est de continuer à attirer les voitures à l’intérieur de Bruxelles, ce qui génère toujours de la pollution et des bouchons. Ensuite, parce que les habitants vont devoir passer d’une carte de stationnement annuelle bon marché voire gratuite (c’est encore le cas à Anderlecht) à un abonnement de 123€ par trimestre, comme le propose Apcoa à Jette.

Résultat : Les nouveaux projets d’aménagement de l’espace public ne réduisent pas beaucoup le nombre de voiture à Bruxelles et ne visent pas à améliorer la qualité de l’air. Ils transfèrent simplement une gestion du stationnement public bon marché vers une gestion privée coûteuse et qui rapporte. 

Diminuer l’usage de la voiture ? Augmenter l’offre des transports en commun et les rendre gratuits

Pour les enjeux de la mobilité, du climat, et de qualité d'air, il est important de diminuer le nombre de trajets fait en voiture en ville.

Il y a deux possibilités pour lutter contre l’omniprésence de la voiture dans l’espace public :

  1. Faire vivre un calvaire aux automobilistes issus des classes populaires/moyennes et diminuer leur pouvoir d’achat en attendant qu’ils abandonnent leur voiture tellement c’est un enfer de rouler et trouver une place. C’est la politique prônée par la majorité actuelle.
  2. Encourager et inciter, par des mesures réellement efficaces et sociales, les citoyens à laisser leur voiture. C’est la politique prônée par le PTB.

Pour atteindre cet objectif, il faut rendre le transport public plus attractif et démocratique que la voiture ; augmenter les lignes, les fréquences, la qualité des transports et les rendre gratuits. Une mesure phare et tout à fait applicable, indispensable pour provoquer un changement de comportement. La gratuité a déjà fait ses preuves dans plusieurs villes française comme Dunkerque ou Aubagne, où les municipalités ont constaté une nette augmentation de la fréquentation des transports et une diminution de l’usage de la voiture, depuis la mise en place de la gratuité. Le PTB veut que cette gratuité puisse aussi être appliquer pour l’utilisation des De Lijn et TEC en périphérie de et dans Bruxelles, dans le but de développer une mobilité globale.

Il faut rendre le transport public plus attractif et démocratique que la voiture

En plus des transports en commun, le PTB veut stimuler les modes « actifs » de déplacement : aller à pied ou en vélo. Si nous voulons convaincre les gens à laisser la voiture pour les petits trajets, il faut augmenter la sécurité pour les piétons et des cyclistes en ville, et offrir des endroits pour garer ces vélos en sécurité. Cela implique que l'espace en voirie devra plus être partagé entre les voitures, les vélos et les piétons. Quelle solution sociale propose le PTB ?

Rendre les parkings hors voiries accessibles aux habitants

Changer les mentalités et les comportements prennent parfois du temps. Nous ne pouvons pas faire comme si la voiture n’existait plus et croire que les habitants vont abandonner leur véhicule du jour au lendemain, soyons réalistes. Beaucoup de familles ont besoin de leur voiture. Les travailleurs qui travaillent sur des chantiers ou qui travaillent en équipe dans les zonings n'ont pas toujours la possibilité d'y aller en transports en commun ou en vélo. Il faut donc entre-temps trouver une solution pour parquer ces voitures, sans pour autant ruiner les gens.

Pour cela, le PTB propose de rendre accessible les parkings existants aux riverains pour limiter la création de nouvelles places. Le PTB propose que l'agence régional parking.brussels engage du personnel extra à ce but :

  • Cela passe par ouvrir gratuitement les parkings des grandes surfaces en soirée afin que les riverains puissent se garer aisément sans devoir tourner en rond pendant 30 minutes (une pratique qui pollue énormément).

  • Il existe aussi des centaines de places non utilisées à Bruxelles (liées à des bureaux ou logements) : mais au lieu de les mettre à disposition gratuitement aux riverains, celles-ci sont laissées entre les main des firmes comme Bepark, Mypark,… qui s’en mettent plein les poches en louant les places libres. Le PTB propose que parking.brussels reprenne cette gestion.

  • Troisièmement, le PTB souhaite que les grands parkings ne soient pas gérées par le privé mais par l'agence publique parking.brussels, afin de proposer des places bon marché.

 

Qu’on soit pour ou contre la voiture, le stationnement reste un besoin pour une grande partie des Bruxellois. On ne répond pas à un besoin par une logique de profit, mais par un service d’intérêt public. Le PTB souhaite se centrer sur des parkings de dissuasion situés en périphérie de la Région, directement accessibles en transport en commun. De la sorte, les automobilistes peuvent laisser leur voiture toute une journée sans que ça leur coûte un centime et se déplacer partout à Bruxelles avec une offre de transport renforcée.

 


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